En marge du déplacement du Président de la République Emmanuel Macron à Egletons (Corrèze), des salariés de GM&S industry et une quarantaine d’élus du département se sont déplacés sur les lieux avec l’intention de rencontrer le Président de la République. Ce déplacement avait pour objectif de faire part de leur inquiétude suite à la décision du Tribunal de commerce Poitiers du 4 septembre dernier qui a accepté l’offre de reprise du groupe d’emboutissage GMD.

 

La société GMD était en effet la seule à avoir un projet industriel de reprise réellement sérieux. Malheureusement, cette offre prévoit seulement la reprise de 120 salariés sur 277 qui travaillent aujourd’hui dans l’usine de La Souterraine, provoquant mécaniquement 157 licenciements. Je suis pleinement conscient des problématiques que ces licenciements posent dans notre département de la Creuse sur lequel GM&S est installé depuis 1963, constituant le deuxième employeur privé du département. C’est la raison pour laquelle je vais rencontrer Jacques Mézard, Ministre de la Cohésion des territoires, sur le processus de redynamisation du territoire de La Souterraine suite à ces licenciements et les accompagnements à mettre en place pour les salariés non repris.

 

Cela fait environ un an que les salariés de GM&S se battent sans relâche pour que leur usine ne ferme pas. L’Etat, au plus haut niveau, a tout fait pour trouver une solution acceptable par tous. Il serait regrettable que les actions en cours, et la colère compréhensible des salariés non repris, entrainent le découragement de Monsieur Martineau qui risquerait alors de laisser 277 personnes sans emploi.

 

Le 9 juin dernier à Bellac, Emmanuel Macron a promis de faire le maximum pour garantir des conditions de reprise raisonnables. J’ai accompagné le Ministre de l’Economie Bruno le Maire et le secrétaire d’Etat à l’Economie Benjamin Griveaux en juillet pour rencontrer les salariés de GM&S à La Souterraine. A l’issue de cette entrevue, Bruno le Maire a annoncé qu’une cellule de reclassement sera rapidement mise en place pour l’ensemble des salariés non repris. La Ministre du Travail, Muriel Pénicaud a aussi assuré début septembre que des moyens exceptionnels d’accompagnement étaient prévus, dus à la situation difficile du marché de l’emploi en Creuse. Au niveau de la région Nouvelle Aquitaine, le Conseil régional a voté un soutien exceptionnel de l’ordre d’1,2 millions d’euros, permettant ainsi la poursuite de l’activité et l’émergence de cette solution industrielle, en parallèle du lancement d’un programme d’accompagnement et de reconversion du territoire.

 

J’ai essayé, à mon niveau, de faciliter le dialogue. Outre mes déplacements sur le terrain et mes sollicitations multiples des Ministres et des cabinets ministériels, j’ai obtenu un rendez-vous à Paris avec Benjamin Griveaux, Secrétaire d’Etat à l’Economie, et des membres du cabinet de Jacques Mézard et de Muriel Pénicaud le lundi 18 septembre. Ce rendez-vous avait pour but de faire le point, tant sur la situation des salariés non repris et leur accompagnement, que sur la redynamisation du territoire. Les élus ont refusé de se rendre à ce rendez-vous. Hier encore, l’Elysée a proposé à la délégation des salariés et des élus de rencontrer à Egletons le Secrétaire d’Etat à l’Economie Benjamin Griveaux. Cette proposition a été une nouvelle fois déclinée.

 

Ces refus consécutifs me font douter de la volonté réelle de certains élus de trouver une issue positive à ce drame et s’apparentent de plus en plus à des coups politiques menés contre l’action du Gouvernement.

 

 

Les images d’élus et de salariés gazés par des CRS sont choquantes. Je suis profondément persuadé que cette situation aurait pu être évitée si chacun avait pris ses responsabilités et avait accepté d’aller rencontrer les personnes compétentes dans ce dossier, à savoir Benjamin Griveaux et son cabinet, plutôt que de donner la priorité à des actions coup de poing de communication.

 

Quant à la petite phrase du Président de la République à Egletons, celle-ci a été totalement extraite de son contexte : loin de mépriser l’action des salariés, le chef de l’Etat tenait seulement à réaffirmer qu’il existe bien des possibilités d’emplois de haute qualité sur notre territoire. Recréer de l’emploi dans nos territoires ruraux est une promesse de campagne à laquelle le chef de l’Etat est viscéralement attaché : au-delà du grand potentiel d’emplois que recèlent nos territoires, une réelle politique de formation professionnelle tout au long de la vie, visant à requalifier les compétences de chacun sera mise en oeuvre.

 

Partout sur le territoire creusois, et récemment à l’assemblée générale de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises de la Creuse, j’ai pu constater que les PME et TPE creusoises cherchaient à embaucher sur un grand nombre de postes différents.

 

L’Etat, la région Nouvelle-Aquitaine et le département de la Creuse sont entièrement mobilisés pour retrouver à ces 157 salariés un emploi dans lequel ils pourront s’épanouir et pour redonner à nos territoires ruraux le dynamisme qui leur fait défaut depuis des années.