La vente d’œufs provenant d’élevages en cage ainsi que l’élevage de lapins en cage ne seront pas interdits pour le moment. C’est ce qu’ont décidé les députés lors de l’examen en commission du projet de loi agriculture et alimentation.

Les députés ont repoussé l’interdiction de la vente d’œufs provenant d’élevages en cage. Dans la nuit de jeudi à vendredi, ils ont débattu de cet amendement LREM prévoyant une interdiction de la production d’œufs en cage pour les œufs destinés à la vente au détail à compter de 2022. Selon les auteurs de l’amendement, la mesure « vise à mettre en œuvre l’engagement du Président de la République durant sa campagne ».

Le rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LREM) a proposé de reporter l’interdiction à 2028, mais le gouvernement, défavorable à ces amendements, a souhaité la mise en place d’un contrat de confiance avec ces filières. Les amendements ont été retirés, d’autres, notamment LFI, allant en ce sens étant rejetés.

Un espace de vie de la taille d’une « feuille de papier A4 »

Un amendement des Insoumis contre l’élevage de lapins en cage a également été rejeté. Selon son exposé des motifs, « 37 millions de lapins sont élevés dans des cages grillagées dont l’espace de vie correspond à une seule feuille de papier A4 ». La commission agriculture a, elle, adopté en janvier un projet de résolution prévoyant l’abandon progressif des cages en batterie conventionnelles dans les élevages.

Les députés ont par ailleurs refusé un amendement soutenu par le « marcheur » Olivier Véran pour rendre obligatoire le dispositif Nutriscore d’étiquetage sur tous les messages publicitaires sur les denrées alimentaires. Le rapporteur s’est dit favorable à la démarche, mais a jugé que la mesure devait être retravaillée, tandis que le ministre a estimé qu’une obligation serait une entrave au marché.

Rejet aussi d’un amendement sur la vidéosurveillance dans les abattoirs

Le député non-inscrit Olivier Falorni a aussi remis sur la table le sujet de la vidéosurveillance dans les abattoirs, mais son amendement a été lui aussi rejeté, le ministre privilégiant notamment les démarches volontaires.Les députés ont en revanche adopté un amendement du rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LREM), éleveur bovin de profession, prévoyant un rapport sur le bien-être animal et les évolutions envisageables.

Ils ont aussi donné leur aval à un amendement du gouvernement qui prévoit que l’observatoire de l’alimentation assure un suivi global de la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire.

Plus tôt, un amendement sur l’étiquetage du miel avait aussi prévu que soit portée à la connaissance des consommateurs les pays d’origine du produit.