« Lait, saucisse, steak : les produits végétaux vont devoir changer de nom

Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse (LREM), a déposé un amendement à l’Assemblée nationale pour que les produits végétaux ne puissent plus porter le nom de « steak », « saucisse » ou « bacon ». »

lire l’article dans Le Progrès :

http://www.leprogres.fr/france-monde/2018/04/20/lait-saucisse-steak-les-produits-vegetaux-vont-devoir-changer-de-nom

 

 

« Finis les « steaks de soja », « merguez vegan » et autres « goût bacon » dans vos rayons de supermarché. Les produits alimentaires contenant une part significative de matières d’origine végétale ne pourront plus être nommées comme de la viande, ont décidé jeudi les députés.

« Steak », « filet », « bacon », « saucisse » désormais interdits

Dans le cadre de l’examen en commission des Affaires économiques du projet de loi Agriculture et alimentation, un amendement du rapporteur Jean-Baptiste Moreau (Creuse, LREM), éleveur bovin de profession et président de coopérative agricole, a été adopté afin « d’interdire certaines pratiques commerciales trompeuses pour le consommateur ».

Il vise notamment les produits « qui associent des termes comme « steak », « filet », « bacon », « saucisse », à des produits qui ne sont pas uniquement, ou pas du tout, composés de viande », selon son exposé des motifs.

Selon lui, l’amendement permet de « mieux informer le consommateur sur son alimentation ! Il est important de lutter contre les fausses allégations », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Jusqu’à 300 000 euros d’amende

Sont plus généralement concernées les dénominations faisant référence à des produits d’origine animale, notamment le lait, la crème ou le fromage.

La part significative de matières d’origine végétale sera fixée par arrêté.

Tout manquement à l’interdiction sera passible de sanctions. En cas de non respect de la décision d’un juge ordonnant la cessation de la pratique commerciale trompeuse, l’amende peut aller jusqu’à 300 000 euros.

Débattu à l’Assemblé fin mai

Mais avant la mise en place de l’interdiction, le texte de loi doit être débattu et adopté par l’Assemblée nationale. Les discussions publiques autour de ce projet de loi auront lieu entre le 22 et le 25 mai.

Pour cette disposition, le député Jean-Baptiste Moreau s’est appuyé sur une décision de la Cour européenne de justice datant de juin 2017. Ce dernier interdit que les termes « lait », « crème », « chantilly », « fromage » soient utilisés pour les produits d’origine végétale.

VENDRE DU « LAIT DE SOJA » ET DU « FROMAGE DE TOFU » EST DÉJÀ INTERDIT

Photo d'illustration pixabay/domaine public
Photo d’illustration pixabay/domaine public

La Cour de Justice de l’Union européenne avait adopté, le 14 juin 2017, un arrêt qui interdit l’utilisation des termes faisant référence à des produits laitiers dans les appellations de certains produits végétaux.

Il prévoit que les termes « lait », « crème », « chantilly », « fromage » soient réservés, sauf exceptions, aux produits issus de laits d’origine animale, excluant les appellations « lait de soja » ou « fromage vegan ».

Il « donne l’impression au consommateur qu’il consomme uniquement de la viande »

« Une préparation à base de viande et de matières végétales, comme le soja, très rentable pour le producteur par rapport à un bifteck pur bœuf, peut faire l’objet d’une présentation « marketing » qui donne l’impression au consommateur qu’il consomme uniquement de la viande », justifie-t-il.

Baisse de la consommation de produits animaliers …

Végétariens, végétaliens, vegan, pescetarien ou encore flexitariens. Les appellations sont variées pour qualifier le rapport aux produits à base de protéines animales.

Depuis plusieurs années, la consommation des Français a changé et tend de plus en plus vers une alimentation à base, essentiellement ou exclusivement, de produits végétaux.

Une étude commandée par le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, de décembre 2016, révèle que la consommation de protéines animales diminue en France. Même si elle reste élevée, 70% des protéines consommées en France sont d’origine animale, selon les chiffres de l’étude, les pratiques changent.

Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer cette tendance : coût financier, scandales alimentaires, protection animale, enjeux environnementaux, éloignement des consommateurs du monde agricole ou encore la multiplication des messages nutritionnels.

… hausse de la consommation de produits végétaux

Parallèlement à cette baisse, l’étude souligne que les Français se rabattent sur la consommation de protéines végétales, comme les légumes, le soja, le tofu, ou encore les céréales.

La consommation d’algue et d’insectes entrent également peu à peu dans les habitudes alimentaires françaises.

Les produits alternatifs à la viande ont vu leurs ventes bondir de 11,9% en valeur dans la grande distribution sur l’année achevée fin septembre 2015, selon des chiffres publiés par le cabinet IRI, cités par Le Figaro.

Plus précisément, les ventes de produits à base de soja pèsent pour les deux tiers des ventes en valeur (10,32 millions), avec une augmentation de +4,5 % sur un an.

Selon une enquête de Diplomeo, de novembre 2017, plus d’un jeune Français sur dix a adopté un régime végétarien, végétalien, pesco-végétarien ou un mode de vie vegan. »