Le député Jean-Baptiste Moreau soutient le projet d’expérimentation en Creuse lancé par Eric Correia

Cannabis médical : une filière d’ici un an ?

L’idée initiée par Eric Correia, le président de l’Agglo du Grand Guéret, de développer la production de cannabis thérapeutique en Creuse fait son chemin dans le département… et même jusqu’à Paris.

article de Catherine Perrot https://www.lamontagne.fr/gueret/economie/vie-pratique-consommation/2018/05/26/cannabis-therapeutique-une-filiere-pourrait-voir-le-jour-dici-un-an-selon-le-depute-de-la-creuse_12862426.html

Le député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau (LREM) soutient cette initiative.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui jusque-là pas très favorable au cannabis médical, a annoncé jeudi qu’elle ouvrait le débat. Quelle est votre position sur le sujet ?

Je suis complètement favorable à l’expérimentation de la culture et de l’exploitation du cannabis à des fins thérapeutiques. C’est clair et net. J’en ai discuté avec la ministre de la Santé, avec le Premier ministre et avec les services du Président. Je soutiens Éric Correia dans son initiative. Et j’essaye de faire en sorte qu’on arrive à le mettre en place assez rapidement au niveau du département.

Le premier argument pour développer le cannabis thérapeutique, c’est de soulager les malades. Y êtes-vous sensible ?

C’est la base. Si j’y suis favorable, ce n’est pas d’un point de vue purement économique. C’est d’abord pour soulager un certain nombre de patients qui sont aujourd’hui dans une situation d’impasse ou qu’on bourre de médicaments qui sont beaucoup plus nocifs et qui provoquent des dépendances beaucoup plus importantes que ce que pourrait faire le cannabis thérapeutique.

Ce projet pourrait être une piste pour créer de l’emploi en Creuse, pour trouver une nouvelle dynamique ?

Bien sûr. Ça permet aux agriculteurs d’avoir une source de diversification et d’avoir une source de revenus différente de celle qui est aujourd’hui principalement centrée sur l’élevage. D’autre part, cela permet ensuite de créer l’ensemble de la filière, avec des usines de traitement et de fabrication des différents produits.

C’est un des projets qui peut permettre de créer une activité économique dans le département, mais ça n’est pas le seul.

Concrètement, peut-il y avoir une exception pour que cette culture soit expérimentée en Creuse ? La Constitution le permet-elle ?

Oui, une expérimentation est possible. Aujourd’hui, la culture est déjà possible. Pas en Creuse mais ailleurs, il y a des gens qui le cultivent et qui le vendent à l’étranger, en Suisse notamment, dans des usines qui transforment.

Là, ça serait juste autoriser, en l’encadrant bien évidemment, une filière complète à se mettre en place en France, plutôt que de l’exporter en Suisse et qu’après, derrière, cela revienne de façon plus ou moins légale.

Vous avez parlé de ce projet aux ministres. Ils vous semblent réceptifs ?

Agnès Buzyn, au départ, était assez défavorable. Aujourd’hui, sa position a considérablement évolué. Oui, les ministres sont réceptifs. Après, c’est à nous d’embrayer et d’aller plus loin. J’aurai une discussion à ce sujet très prochainement avec le Président de la République.

Cette expérimentation pourrait se faire à quelle échéance en Creuse ?

Il faut trouver les investisseurs qui vont venir construire l’usine, car ce ne sera pas une usine d’État. Il faut aussi trouver le cadre juridique. Cela peut se faire d’ici un an. Je pense qu’Éric Correia a rencontré quelques investisseurs. Moi, j’ai eu deux ou trois contacts, je dois les rencontrer dans l’été.

Le Plan particulier pour la Creuse peut-il donner un coup d’accélérateur ?

Tout à fait. Ça peut en faire partie, avec des allégements de charges éventuels pour une entreprise qui viendrait s’installer dans ce cadre-là, qui viendrait créer des emplois dans le département.