Le député de la Creuse Jean-Baptiste Moreau (LREM) et Éric Correia (PS), président de l’Agglomération du Grand Guéret et conseiller régional, ont été reçus mercredi en fin d’après-midi à l’hôtel Matignon. Objectif du tandem creusois : convaincre le conseiller santé du Premier Ministre Édouard Philippe, de la pertinence d’une expérimentation en Creuse de la culture du cannabis thérapeutique.

Après avoir été reçus au ministère de la Santé, Eric Correia, conseiller  régional (PS)  et président de l’Agglomération du Grand Guéret et Jean Baptiste Moreau ont rencontré mercredi soir Éric Couillard, conseiller santé d’Édouard Philippe. Clairement, ils ne sont pas sortis avec une dérogation signée. Faire de la Creuse, le labo de la culture et de la valorisation du chanvre pour la santé et le bien être, « ce n’est pas encore gagné », reconnaissent le député et le conseiller régional, « mais on avance » assurent-ils. Leur argumentaire sur les apports du cannabis thérapeutique à la santé publique, et notamment au traitement de la douleur, est bien affûté.

« La chanvre bien-être offre les meilleures perspectives de valorisation aux agriculteurs »

Pour Éric Correia, il faut élargir le champ de la réflexion « au cannabis bien être ». Les produits de type crèmes, huiles, pommades ou gélules contenant moins de 0.2% de THC offriraient les plus intéressantes perspectives aux agriculteurs creusois.
En effet, s’agissant du cannabis strictement thérapeutique, les Creusois ne « pourraient qu’être producteurs, la transformation revenant aux labos pharmaceutiques », constate Éric Correia.

Une idée qui a fait son chemin et est devenue un sujet de santé publique

Tandis que la filière « bien être » offre la possibilité d’une transformation locale du chanvre, voire d’une vente directe des produits. « Un hectare de blé peut rapporter 300 euros, un hectare de chanvre 2.500 euros », compare le conseiller régional.
Le Gouvernement s’est pour l’instant montré répressif envers les coffee-shops qui se sont positionnés sur ce créneau du bien-être.

Pour Jean-Baptiste Moreau : « On a fait ce soir un petit pas. Nous irons bientôt argumenter à l’Élysée ».
Julien Rapegno