« Au centre de ce dispositif politico-pédagogique : Jean-Baptiste Moreau, le rapporteur du prochain projet de loi sur l’agriculture. Cet éleveur creusois de vaches à viande, ingénieur agronome, a été chargé d’organiser l’ensemble des rencontres qui émaillent les dix jours du Salon, entre les agriculteurs et Macron, avec le Premier ministre ou encore les députés LREM.é

Ils étaient une quinzaine de députés LREM, présents, mercredi, au Salon de l’agriculture, pour s’assurer que les réformes lancées par Emmanuel Macron soient bien acceptées et mises en œuvre par le monde agricole.

Ils ne sont pas venus pour mettre la main à la croupe des vaches. La quinzaine de députés LREM, présents, mercredi, au Salon de l’agriculture à Paris (XVe), avait une feuille de route bien garnie : vérifier que les réformes lancées par Emmanuel Macron lors de son discours « fondateur » de Rungis en octobre dernier et lors des Etats généraux de l’alimentation de décembre, soient bien comprises, acceptées et surtout mises en œuvre par le monde agricole. « On est là pour aider un système à bout de souffle à se transformer radicalement », souligne Matthieu Orphelin, ingénieur, député du Maine-et-Loire, passé par Europe Ecologie et compagnon de route de Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique.

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Au centre de ce dispositif politico-pédagogique : Jean-Baptiste Moreau, le rapporteur du prochain projet de loi sur l’agriculture. Cet éleveur creusois de vaches à viande, ingénieur agronome, a été chargé d’organiser l’ensemble des rencontres qui émaillent les dix jours du Salon, entre les agriculteurs et Macron, avec le Premier ministre ou encore les députés LREM.

Mercredi, pendant dix heures, ces députés ont multiplié les tables rondes avec les syndicats — de la FNSEA à la Confédération paysanne — et les représentants des filières professionnelles, du bœuf aux oléagineux, en passant par le lait, le porc ou la bière. L’occasion, aussi, pour ces élus En Marche de prouver que l’étiquette de président des « villes » dont on affuble volontiers Emmanuel Macron n’est pas la leur. « C’est une ficelle sur laquelle l’opposition tire dès qu’elle le peut mais elle est un peu grosse », se moque Loïc Dombreval, député des Alpes-Maritimes. « Ma circonscription est très rurale et je fais 2 000 km en voiture tous les mois pour visiter mes administrés », précise cet ex-vétérinaire, ancien maire de Vence.

«Nous sommes les courroies de transmission des territoires»

Comme lui, ses collègues du Palais Bourbon se défendent d’une quelconque déconnexion avec les « territoires. » Qu’ils soient agriculteurs ou professeurs d’université, éleveurs ou chefs d’entreprise, ingénieur ou producteur de cognac, tous, mercredi, à la Porte de Versailles, revendiquaient une connaissance pointue des problèmes agricoles. « Sur 315 députés LREM, nous sommes une centaine à travailler dans des groupes dédiés à l’agriculture », insiste, Danièle Hérin, universitaire et élue de l’Aude. « Ceux qui nous voient comme des représentants de la nation hors sol font une erreur. Nous sommes aussi les courroies de transmission des territoires qui nous ont élus », veut rappeler Laurence Maillart-Méhaignerie, chef d’entreprise en Ille-et-Vilaine.

Alors, de corbeilles de fruits en tartines de cochonnailles, de verres de lait aux pintes de bière, les quinze « marcheurs » écoutent et prennent des notes. « Vous avez allégé la fiscalité sur les énergies alternatives et nous vous félicitons mais on attend toujours les arrêtés d’application. C’est pour quand ? », interroge — courtoisement — un représentant de la filière oléoprotéagineuse. Ou encore : « On ne comprend pas la cohérence de la politique d’Emmanuel Macron, s’agacent les professionnels du bétail et de la viande. A Rungis, il nous demande de faire monter la filière en gamme pour s’armer contre la concurrence et aujourd’hui, il est prêt à accepter le bœuf aux hormones d’Amérique latine sans aucun contrôle. On compte sur vous ! » Tout un programme…

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