Steaks ou saucisses végétales : des appellations ‘trompeuses’ pour les députés !

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Après les produits laitiers, les termes tels que ‘saucisse’, ‘filet’ ou ‘steak’ qui désignent des aliments carnés, ne pourront plus être employés pour commercialiser les produits composés de protéines végétales, parmi lesquelles le soja est la plus répandue. Un amendement voté par les députés, dans le cadre du projet de loi Agriculture et alimentation…

Un amendement a été adopté pour que les produits contenant une part significative de matières d’origine végétale ne puissent plus être présentés comme de la viande. Les députés souhaitent ainsi abolir « certaines pratiques commerciales trompeuses pour le consommateur ».

Interdire certaines dénominations de produits alimentaires sans viande

Finis les steaks de soja et autres saucisses de tofu. Jeudi 19 avril, les députés ont en effet adopté un amendement du rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LREM), éleveur bovin de profession, dans le cadre du projet de loi Agriculture et alimentation, qui entend abolir « certaines pratiques commerciales trompeuses pour le consommateur ». Et a fait des dénominations son cheval de bataille ! Ainsi, désormais, les entreprises agroalimentaires devront trouver d’autres noms à leurs produits végétaux.

L’Assemblée nationale a décidé de légiférer pour réguler l’appellation des produits végétaux. Ce projet de loi concerne notamment les aliments vegans et végétariens, de plus en plus fréquents dans les rayons des supermarchés. Le but de l’amendement voté est donc de mettre un terme aux « steak », « filet », « bacon », « saucisse » ou même « lait » des « produits alimentaires contenant une part significative de matières d’origine végétale ». Même si pour l’heure, la part n’est pas définie, elle sera fixée par arrêté. Les contrevenants encourent une amende pouvant aller jusqu’à 300.000 euros.

 

Une bataille commence entre les défenseurs des animaux et les députés

« Aujourd’hui, avec le veganisme, il y a une nouvelle segmentation du marché. Mais il n’y a aucune raison de se servir d’appellations qui sont typiquement associées à la viande pour ces produits, alors que le veganisme rejette justement ce type d’alimentation carnée », explique au Figaro Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse(1).

Le président de coopérative agricole de poursuivre en se défendant à L’Usine nouvelle : « Je ne vois pas en quoi cette mesure empêche le succès des produits vegans. S’ils ne mangent plus de viande, où est le problème de ne plus utiliser de vocables liés à l’alimentation carnée ? »(2). Le projet de loi pour l’Équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable doit arriver en séance publique le 22 mai prochain. Mais le débat, lui, n’est pas clos.

L’association de défense des animaux L214 a opté pour l’humour en ironisant sur l’amendement. Et rappelle nombre de vocables trompeurs, comme le beurre de cacahuètes ou encore le fromage de tête. Jean-Baptiste Moreau reconnaît : « Il faut qu’on le retravaille avec le ministère de l’agriculture mais il y aura sans doute une liste d’appellations qui sont utilisées dans le domaine carné et qui n’ont pas vocation à s’appliquer à des produits essentiellement composés de végétaux ».

L’association de défense de droits des animaux PETA a réagi, dénonçant une « lutte contre le secteur en plein essor des steaks végétaux ». Dans un communiqué, elle a déclaré ainsi : « Ceux-ci sont de plus en plus populaires car en plus d’épargner d’innombrables vies animales, ils sont bien plus sains que les steaks de chair animale. (…) Quelle que soit leur appellation, les produits vegan sont un marché en plein essor ».

De notre côté, on préférerait voir les députés interdire l’utilisation du dioxyde de titane dans les confiseries, le nitrite de sodium dans le jambon, le glutamate monosodique dans les plats préparés, l’aspartame dans les produits allégés… Mais ça c’est sûrement moins urgent que d’éviter que le consommateur ne se mette en danger en retrouvant des boulettes de quinoa à la place de pilons de poulet qu’il voulait acheter…