« Mon amendement entend redonner le pouvoir de négociation aux producteurs et aux agro-industriels », assure Jean-Baptiste Moreau

ADELINE HAVERLAND ,

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Le 19 avril, à la surprise générale, un amendement excluant les produits agricoles et agro-alimentaires des négociations commerciales annuelles a été adopté en première lecture par les députés. Ce texte, porté par le député LREM Jean-Baptiste Moreau, remet à plat le cadre commercial qui régit les relations entre les producteurs, les industriels et la grande distribution depuis 2008. L’Usine Nouvelle l’a interrogé sur les ambitions de ce texte.

 

L’usine Nouvelle – Vous êtes à l’origine de l’amendement qui sort les produits agricoles et agro-industriels des négociations commerciales. Quel est le message que vous souhaitez faire passer à travers ce texte ?

Jean Baptiste Moreau – Ce texte est une initiative personnelle. D’ailleurs, je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si fortement soutenu par Bercy. En le déposant, je souhaitais avant tout mettre remettre à plat un système défaillant. A la suite des Etats Généraux de l’Alimentation, il me paraissait, en effet, indispensable de sortir des discussions qui figent les prix pour les producteurs pour l’année entière et qui amènent à des situations de pénurie comme celles que l’on a connu en fin d’année dernière avec le beurre ou plus récemment avec la viande hachée.
Cet amendement est donc une opportunité de redonner le pouvoir de négociation aux producteurs et aux agro-industriels.

Quelle a été la réaction des différents acteurs face à l’adoption de votre texte ?

Je pense qu’il y a d’abord eu une grande surprise. Ni la fédération des agro- industriels (l’ANIA) ni la FNSEA ne s’attendaient à ce que les négociations annuelles soient remodelées.
Pourtant, je ne pense pas qu’il y ait de désapprobation de la part de ces différents acteurs. Les producteurs comme les agro-industriels sont conscients que le système, tel qu’il est aujourd’hui, ne fonctionne pas. Ils doivent maintenant se positionner pour définir un nouveau modèle. Avec cet amendement, nous leur donnons la possibilité de rebattre les cartes du jeu.

Quel est le nouveau cadre de négociations que vous proposez ?

C’est aux professionnels de réinventer leur cadre de collaboration. L’ANIA, les fédérations de producteurs et la grande distribution doivent se mettre autour de la table pour définir un cadre plus juste avec des relations plus équilibrées. Contrairement à ce qui se passe depuis la mise en place de la LME, ce nouveau cadre ne doit pas toujours voir la grande distribution sortir vainqueur des négociations.
De notre côté, nous sommes actuellement en train d’étudier différentes options en nous inspirant de ce qui se fait ailleurs en Europe.  Des négociations pluri-annuelles, des négociations avec clause de révision de prix…nous envisageons différentes solutions et arriverons le 22 mai avec des propositions et des contre-propositions à présenter au Parlement.