PME : « Sortir de la convention unique, oui ! Mais assorti de la mise en place de contrats pluriannuels »

YVES PUGET |

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La FEEF – qui représente les fournisseurs PME de la distribution – estime que l’amendement de Jean-Baptiste Moreau de sortir du cadre des négociations annuelles va dans le bon sens. Mais celui-ci doit néanmoins être précisé lors de la discussion en séance publique.

Pour Dominique Amirault, Président de la FEEF, « L'enjeu est d'engager un changement culturel »
Pour Dominique Amirault, Président de la FEEF, « L’enjeu est d’engager un changement culturel »

«Il faut que la suppression de la convention unique soit associée à la mise en place de contrats pluriannuels (de 2 ou 3 années) pour permettre une meilleure visibilité des commandes et assurer ainsi la pérennité du courant d’affaires dans la confiance pour les fournisseurs PME», écrit la Feef dans un communiqué.

Pour la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France, «la PME a une structure agile et légère qui a besoin d’un costume « sur mesure » pour prendre en compte ses spécificités (principe de «différenciation PME»). Sortir du carcan de la négociation annuelle va lui permettre de se concentrer plus facilement sur le développement du commerce avec son client et relancer la création de valeur ».

« Le tarif commercial est non négociable »

«C’est d’ailleurs déjà ce qui se passe à l’étranger. Mais pour que ça fonctionne en France, il ne suffit pas d’un texte de loi ! L’enjeu est d’engager un changement culturel pour passer de l’attitude conflictuelle, caractéristique de ce qui se passe dans le box et qui favorise la guerre des prix, au dialogue collaboratif. Le collaboratif signifie responsabiliser les acteurs et modifier le comportement des distributeurs sur le terrain», explique Dominique Amirault, Président de la FEEF. Néanmoins, cet amendement qui va dans le bon sens ne résoudra pas tout. « Le seul moyen d’obtenir des négociations commerciales plus vertueuses est de rendre obligatoire l’application du tarif commercial du fournisseur de produits agricoles ou transformés auprès des distributeurs. Le tarif commercial est non négociable. Seules les conditions de développement des ventes (remises, ristournes, prestations de service,…) sont négociables », poursuit la Feef dans son communiqué.

Pour Dominique Amirault, «il serait judicieux de réaffirmer le principe de primauté du tarif dans le texte de loi !».