Le Président de la République a eu une parole forte en fin d’année 2017. Il y a des bases scientifiques concrètes qui prouvent que le glyphosate est dangereux. Il a tranché le débat : nous l’interdirons dans les trois ans et nous ne reviendrons pas dessus.

Le vote sur le projet de loi EGAlim ne portait donc pas sur l’interdiction ou la non-interdiction du glyphosate dans les trois ans, car cet objectif est bien évidemment porté par la majorité et le Gouvernement, mais uniquement de son inscription dans la loi.

J’ai complètement confiance dans la parole du Président de la République. Ce n’est pas en inscrivant la mesure dans la loi que nous irons plus vite : dans trois ans, le glyphosate sera interdit ! Le Président de la République s’y est engagé : on le dit, on le fait, en suivant la logique des Etats Généraux de l’Agriculture et de l’alimentation (EGAlim), c’est-à-dire en faisant confiance aux acteurs, en les mettant face à leurs responsabilités et surtout en les accompagnant.

Aujourd’hui, 10 à 15% des agriculteurs seraient en situation d’impasse technique si nous interdisions le glyphosate car il n’existe pas d’alternative. La plupart d’entre eux sont dans une situation économique difficile, ils utilisent le glyphosate d’abord parce que leurs cultures se font dans des conditions climatiques ou géographiques spécifiques, ensuite parce que cette substance n’est pas chère. C’est notamment un produit indispensable pour l’agriculture de conservation des sols qui est extrêmement vertueuse en matière de préservation de l’environnement.

Quand Emmanuel Macron a annoncé que nous allions sortir du glyphosate dans les trois ans, c’était une prise de position courageuse car cela a créé des crispations et entraîné des manifestations dans le monde agricole, qui n’ont pas forcément été reprises par les médias.

D’un côté, les agriculteurs se sont sentis visés et ont perçu cette annonce comme une attaque contre eux. De l’autre côté, c’est un marqueur politique fort pour préserver l’environnement et notre santé.

Il y a une prise de conscience générale dans le monde agricole: la Confédération paysanne travaille sur la sortie des pesticides depuis très longtemps et la FNSEA, le syndicat majoritaire, a proposé un plan de sortie des produits phytosanitaires et phytopharmaceutiques lors du dernier salon international de l’agriculture.

Nous avons d’ores-et-déjà adopté des mesures fortes dans la nouvelle loi agriculture et alimentation pour accompagner les agriculteurs vers une baisse de l’utilisation des produits phytosanitaires et phytopharmaceutiques :

– Séparation des activités de vente et de conseil pour la commercialisation de ces produits

– Interdiction des rabais, ristournes et remises lors de leur vente

– Formations spécifiques et sensibilisation des agriculteurs à des méthodes alternatives

– Développement encouragé de produits alternatifs

– Renforcement de l’interdiction des néonicotinoides.

Mais la sortie du glyphosate s’inscrit dans un cadre plus large que la loi : au niveau français, cela doit s’articuler avec le plan Ecophyto 2 et avec le plan Ambition bio mais c’est surtout au niveau européen que nous devons agir. C’est en travaillant main dans la main avec le monde agricole, en responsabilisant les filières, en mobilisant la recherche, les instituts techniques et en entraînant nos partenaires européens pour développer des alternatives que nous atteindrons notre objectif.

Le Président de la République a ré-affirmé hier que son engagement sera tenu : « il y aura un point de rendez-vous et si les choses n’avancent pas dans trois ans, on passera par la loi ». Il recevra en juillet, l’ensemble du monde agricole et de la distribution » pour « faire le point sur ce qui a été acté » avant la deuxième lecture à l’Assemblée nationale.