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Négociations commerciales : pour qui Moreau sonne-t-il le glas ?

Tragédie en vue ! 🙂 Les industriels et les distributeurs survivront-ils à l’amendement du député Jean-Baptiste Moreau qui propose de supprimer la fameuse date buttoir des négociations commerciales ?

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas les pratiques commerciales du village français, on rappellera que chaque année, le gong des négociations industrie-commerce sonne à minuit au 1er mars.

Source de psychodrame, cette date butoir était la manifestation évidente d’une créativité toute soviétique au sein de notre administration.

Imaginez le balai de centaines de cadres commerciaux et des services juridiques défilant jusqu’aux dernières heures du jour dans les salles de négo, sous la pression simultanée des polémiques du salon de l’agriculture, et vous comprendrez que cet amendement parlementaire constitue une bouffée d’air, une contribution à la paix sociale !

Ben oui ! Cette histoire de clôture annuelle des négo… quelle connerie ! Je n’ai eu de cesse de la dénoncer.

D’où tire-t-on qu’il existerait un marché français où les tarifs seraient fixés une fois par an, alors que les principaux opérateurs (industriels et distributeurs) continuent de négocier partout ailleurs dans le monde, à commencer par les pays limitrophes ?

70% de l’offre alimentaire est fournie par des sociétés multinationales (Unilever, Procter, Coca…) qui ne pratiquent évidemment cet arrêt de jeu dans les autres pays.

L’amendement Moreau va dans le bon sens. S’il est maintenu, il fera faire l’économie des nombreux avenants, feuilles blanches et autres clauses de revoyure (on dit que c’est comme ça que ça se pratique !).

Ca nous évitera les communiqués « copier-coller » annuels de l’ANIA dénonçant chaque année l’âpreté des négociations.

Certes, ça privera quelques ministres de l’Agriculture ou de l’Economie d’un prurit de colère médiatiquement orchestré. Mais pour le coup, cet amendement s’inscrit tout à fait dans la volonté du Président Emmanuel Macron de passer à une politique contractuelle pluriannuelle, d’entreprise à entreprise, assurant chacune leurs responsabilités au gré du tempo de leur secteur, de leur marché, de leurs spécificités.

Député Moreau, j’achète (sans négocier) votre amendement !